Data center d’Étrechet : en protestation contre le projet de Google, la maire démissionne
Résiste, prouve que tu existes
Le 16 septembre à 17h16
En quelques jours, la maire, trois adjoints et une conseillère municipale ont démissionné de leurs fonctions politiques à la mairie d’Étrechet. En cause : des désaccords sur un projet de centre de données Google, porté par l’agglomération de la ville voisine de Châteauroux.
Data center d’Étrechet : en protestation contre le projet de Google, la maire démissionne
Résiste, prouve que tu existes
En quelques jours, la maire, trois adjoints et une conseillère municipale ont démissionné de leurs fonctions politiques à la mairie d’Étrechet. En cause : des désaccords sur un projet de centre de données Google, porté par l’agglomération de la ville voisine de Châteauroux.
Société numérique
Société
5 min
Après les adjoints, voilà que la maire démissionne. Ce 15 septembre, Florence Laurent a indiqué dans un communiqué quitter ses fonctions à la commune d’Étrechet, dans l’Indre.
Sa décision fait suite à une première démission collective. Dans une lettre du 10 septembre 2026, Bruno Deterne, Marie-Pierre Chabenat-Canals, Christian Jubard (adjoints au maire) et Sylvie Gessier, conseillère municipale, indiquaient avoir pris la décision « conjointe et mûrie » de démissionner collectivement de leurs mandats au sein de la commune.
La cause de ces départs en cascade ? Un projet de centre de données « hors-norme qui échappe totalement à toute capacité de décision de la commune, tout en faisant peser des risques cumulés lourds sur notre territoire (ressource en eau, tensions sur le réseau électrique, nuisances, opacité des calendriers administratifs) », pour reprendre les mots de ces derniers. La maire, elle, évoque « un désaccord sur la prise en compte des avis sur le projet Google sur notre territoire ».
Un centre de données en deux phases
En juin 2025, le conseil communautaire de la métropole de Châteauroux avait en effet voté la vente d’une parcelle de 195 hectares, sur la zone d’activité d’Ozans, à la filiale de Google Tricolore Computing. Cette dernière doit y construire un centre de données de huit à dix bâtiments en deux phases, d’après les informations de la Commission nationale du débat public (CNDP).
La première, qui s’étendrait de 2028 à 2029, prévoit la « mise en service du premier bâtiment de data-center et d’un raccordement au réseau 225 000 Volts par RTE ». La seconde, à partir de 2031, doit permettre la « mise en service progressive de 7 à 9 bâtiments de data-centers supplémentaires et d’un raccordement électrique par RTE ».

En avril, la CNDP a estimé nécessaire une concertation préalable, concertation qui doit être organisée par Google France, Tricolore Computing et Violet Computing, les maîtres d’ouvrage du projet, et RTE, en charge du raccordement électrique. En parallèle, diverses entités organisent leurs propres débats, dont Les Écologistes avant l’été, ou l’association Indre Nature, qui s’émeuvait début septembre du manque d’informations relatives à la concertation. Next a sollicité la CNDP sur le sujet mais n’avait pas reçu de réponse à l’heure de publier ces lignes.
Sur le territoire, les contestations s’organisent depuis plusieurs mois, notamment sous les efforts du collectif citoyens Ozans dire non. Les démissions, elles, ont suivi des échanges à l’échelle intercommunale. Le 9 septembre, le maire de Châteauroux et président de Châteauroux Métropole Gil Avérous présentait des travaux relatifs au centre de données au conseil municipal d’Étrechet, rapporte La Nouvelle République. Le lendemain, plusieurs élus démissionnaient.
Manque de manœuvres des collectivités
Ce 15 septembre, la maire Florence Laurent les a suivis, indiquant dans un communiqué être « arrivée à la conclusion que différents éléments de ce projet méritaient un engagement précis de la part des porteurs de projets : nuisances visuelles, PFAS, dévalorisation des habitations, trafic routier ».
S’il la remercie pour son implication dans les projets portés par l’agglomération de Châteauroux, Gil Avérous souligne, lui aussi par voie de communiqué, que « les projets envisagés sur Ozans ont pourtant toujours reçu l’approbation de la commune d’Etrechet et de toutes les autres communes de l’agglomération à chaque fois qu’ils ont été débattus en conférence des Maires et en conseil communautaire ».
Auprès de France 3, il soulignait que même le monde agricole ne s’opposait pas frontalement au projet. Le vice-président écologiste de la Région Centre-Val de Loire, Jérémie Godet, s’inquiétait pour sa part des îlots de chaleur que pourraient provoquer les centres de données, ainsi que du recours à des liquides de refroidissement émetteurs de polluants éternels et de gaz à effet de serre.
Le manque de latitude de certaines collectivités dans la gestion des projets de centres de données n’est pas un sujet spécifique à Étrechet. À Paris-Saclay, des membres de la communauté d’agglomération s’inquiètent ainsi du manque d’outils de pilotage de ces arrivées, et des risques que cela fait peser sur le réseau électrique. Quant aux possibilités de débat, quand bien même encadrées par la CNDP, la chercheuse Ophélie Coelho regrettait par exemple de les voir organisées « après la prise de décision », c’est-à-dire plus pour relever des inquiétudes que pour orienter les projets.
Commentaires (51)
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Abonnez-vousModifié mercredi à 17h39
PS : video numerama sur la consommation d'eau des DC
Mercredi à 17h40
Mercredi à 17h45
Mercredi à 17h57
Mercredi à 18h10
Ce que je vois moi, c'est que d'une part un village de moins de 1000 habitants (de la comcom) s'oppose aux projets communs d'une ville de 60k hab. et que d'autre part, on veut bien de la souveraineté, de l'indépendance, de l'innovation, mais... chez les autres. Autres qui devront en supporter les désagréments sans se plaindre...
Modifié mercredi à 18h14
Mercredi à 19h06
Mercredi à 19h26
Mercredi à 19h41
Jeudi à 00h46
Jeudi à 09h44
Jeudi à 09h55
Modifié jeudi à 10h38
Jeudi à 11h34
Si le maire d'une commune n'a aucun pouvoir, à quoi cela sert-il d'avoir la commune ? On ne parle pas de quelque chose d'anodin. On parle ici d'un DC qui aura un impact négatif non négligeable sur la commune (pollution, ilot de chaleur, bruits, accessibilité à l'eau, etc.)
Que le DC s'installe si la commune et les habitants sont d'accord => ok. Que le DC s'installe alors que toute la commune et ses habitants sont contre parce que l'intercommunalité en a décidé autrement, j'ai tout à fait le droit de ne pas trouver ça normal (et a priori, je ne suis pas le seul).
À l'instant
Jeudi à 10h16
Modifié jeudi à 10h33
NB: j'oubliais... et serrer des mains et se faire agresser par des électeurs et des populations parce que le maire est sur le terrain et que personne n'y comprend rien à ces intercommunalités hors-sol bien que participantes à l'aménagement du territoire.
Jeudi à 10h23
Y'a pas de quoi, je t'en prie.
(avoue que tu as tendu la perche sur ce coup-là !
Modifié jeudi à 15h16
Jeudi à 21h07
Modifié mercredi à 18h43
Ce genre de projet ne peut pas avoir de recours dans une juridiction administrative telle que le Conseil d'État ? Le dossier a-t-il été correctement géré ? Est-il attaquable ? Des failles ?
Mercredi à 19h43
Modifié mercredi à 20h44
Sûrement que des recours existent (le Préfet, le Conseil d'État, le Député local, les pétitions, etc). En tout cas, la décision prise l'est par consensus des maires et des élus communautaires.
Démissionner, c'est ne pas assumer une décision qu'on réprouve (parce que c'est bien Mme la Maire qui devra accueillir ces bâtiments et réaliser les équipements publics indispensables, en plus des obligations administratives).
Mercredi à 23h00
Concernant les recours, oui il y en a, mais le chantier de l'A69 a bien montré leur limites.
Modifié jeudi à 09h10
PS: je ne défends, à titre personnel, absolument pas le modèle des intercommunalités tel que voulu par les PR N Sarkozy et F Hollande (loi NOTRe de 2015). Si on voulait réduire le millefeuille administratif et améliorer la démocratie locale, on regrouperait les collectivités locales non pas par aires urbaines (au sens de l'INSEE), mais de prime abord, par volonté locale. On imposerait le référendum local pour toute décision qui impacte le grand public (grands projets, grands aménagements, et on donnerait plus de pouvoir fiscal aux communes). Mais ça c'est dans mes rêves.
Jeudi à 00h58
Modifié jeudi à 09h23
Jeudi à 09h45
La réalité c'est que le vrai maître d'Etrechet, c'est Gilles Avérou, avoir un maire à Etrechet consiste juste à gérer les miettes. La démocratie locale est une vaste blague dans ce contexte.
Modifié jeudi à 10h27
Mercredi à 18h52
Mercredi à 21h05
Modifié mercredi à 22h10
Jeudi à 01h00
Jeudi à 14h54
Modifié mercredi à 20h58
Les débats publics et la consultation citoyenne, c'est beau, c'est une bonne chose, mais c'est jamais en amont d'une décision (prise par les élus et les élues), c'est en aval de la décision qu'on demande comment les citoyens et citoyennes voient la mise en pratique. On est en France, pas en Suisse ou au Paraguay.
Mercredi à 21h55
Ils iront vite voir ailleurs.
Mercredi à 23h51
Il y a eu une question sur pourquoi démissionner. Simplement pour montrer qu'un maire de commune ne sert à rien contre ce genre de projet et une fois revenu au "civil" commencer à attaquer devant le tribunal administratif.
Modifié jeudi à 01h25
ce qui est sûr c'est que Etrechet est inclus administrativement dans l'agglo de Chateauroux, bien que complètement rural à côté.
Si j'ai bien compris, le projet de DC serait sur une friche industrielle (bah oui) située à peu près où se trouvait l'ancienne base militaire OTAN de la Martinerie, bien connue des gens du coin, donc au nord et assez loin du bourg d'Etrechet, plus près de Déols, dont pas mal de gens se souviennent du passé Américain des années 50, il reste d'ailleurs l'immense aéroport aussi.
Tout ça pour dire que le site a une histoire, intimement liée à l'histoire de Châteauroux, et qu'on n'est pas du tout dans la destruction d'une champagne berrichone déjà colonisée depuis longtemps par les militaires.
De Gaulle avait viré l'US air force, ils reviennent avec Google
Si l'environnement n'est pas vraiment un problème et l'énergie non plus, il y a un poste 230 KV pas loin, il me semble, les ressources en eau sont certainement assez limitées par contre.
Jeudi à 16h54
C'est pas vraiment une friche industrielle à la vue des photos sur le site de l'ANCT.
RTE devra tirer une ligne à très haute tension pour alimenter le site.
Modifié jeudi à 17h37
Après, je ne serais pas surpris que ça se limite à la première phase, la seconde risque d'être plus longue à amortir, ce qui est incompatible avec les besoins en DC dont le marché est loin d'être stabilisé, on est plutôt à exploiter l'opportunité fragile.
Pour ce qui est de l'électricité un poste 225KV est à côté (mousseaux), pas besoin de 400 pour l'instant, sauf si c'est déjà saturé.
Jeudi à 17h41
Sinon, d'après Google Maps sur la Martinerie, il y a déjà une activité industrielle (plusieurs sociétés) et un gros parc photovoltaïque.
Modifié jeudi à 19h53
Jeudi à 11h43
Si ce chiffre se confirme et sachant qu'il n'y a que 57 réacteurs nucléaires en France, il va peut être y avoir un problème dans un futur proche si en plus il y a des dizaines d'autres datacenters comme celui là dans les tuyaux.
Jeudi à 14h55
l'article parle de 500MW à terme, à mon avis, il est évident que les composants vont évoluer de façon spectaculaire et que les consommations à la fin du développement de ces DC seront bien moindres que celles que l'on a connues au moment des études d'il y a 2 ou 3 ans, c'est quasiment une évidence au vu de ce qui se passe avec les appareils sous nos doigts.
Jeudi à 15h30
Paradoxe de Jevons, aussi connu sous le nom d'effet rebond. Toute amélioration en terme de gain est compensé par un usage croissant, résultant à une augmentation de la consommations (ici, énergétique)
Je dois être aveugle pour ne pas le voir alors.
Jeudi à 17h14
Au passage, je crois qu'elles ont bien profité des canicules, ça pourrait être un signe pour l'avenir de la vie sur terre .
Vendredi à 06h42
Quant à comparer des phénomènes naturels qui s'étalent sur des décennies voire des siècles avec des projets sur quelques années, ça me paraît peu comparable et personne chez Google n'a du y réfléchir une seule seconde.
Modifié vendredi à 10h51
si un DC est construit par Google, est ce qu'il sera utilisé par Google ?
Est ce qu'ils ne cherchent pas à se diversifier façon AWS où les clients ont quand même une certaine indépendance ?
ça me fait penser que je ne connais pas de grosse architecture fibre qui passe par Chateauroux, ça passe plutôt par Poitiers actuellement, si c'est pour faire du très connecté, c'est quand même mieux ailleurs.
Vendredi à 11h23
Modifié vendredi à 12h32
Si les besoins énergétiques ont augmenté à ce niveau, c'est parce que d'un seul coup on a multiplié les processeurs pour les applications que l'on connait, la multiplication arrivera vite à un plateau.
Aujourd'hui à 14h48
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